mercredi 4 janvier 2012

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°181 “Bonne question” ? Bonne réponse !

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°181

“Bonne question” ? Bonne réponse !

Dans sa lettre du 3 janvier,François Hollande pose ce qu’il appelle « la bonne question ». A savoir : « Plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ? » Est-ce là la bonne question ? Le chômage atteint un niveau sans précédent. La France s’enfonce dans la récession. 900 usines ont fermé en trois ans. L’industrie a perdu 100 000 emplois, et la fonction publique d’Etat 150 000. Services publics et Sécurité sociale sont menacés de disparaître. La misère s’étend. Et imperturbablement, la Banque centrale européenne (BCE) déverse des centaines de milliards dans les coffres-forts des banques... qui les placent pour spéculer. La véritable question n’est-elle pas : « Rompre avec cette politique, tout simplement  » ?
Dans ses voeux, Sarkozy a réaffirmé sa volonté d’associer les syndicats aux mesures prises lors du « sommet social sur l’emploi  » du 18 janvier. A ce sujet, l’éditorialiste du Monde (28 décembre) recommande « des pistes (qui)méritent d’être explorées : de l’élargissement du chômage partiel (à l’allemande) à la“flexisécurité” (à la scandinave), de la “sécurité sociale professionnelle” prônée par la CGT et la CFDT au “contrat de génération” préconisé par M. Hollande ou à l’allègement des charges sociales sur le travail souhaité par le patronat  ». Diverses par leur origine, les « solutions  » préconisées par Le Monde ont un point commun : toutes remettent en cause les garanties et conquêtes collectives (conventions collectives, statuts,Code du travail, Sécurité sociale...), toutes rendent travailleurs et jeunes plus vulnérables à l’exploitation capitaliste.
A l’opposé de toute union nationale autour de la dérèglementation des droits ouvriers, se dresse la lutte de classe vivante. La grève de la sûreté aérienne a arraché des résultats certes partiels,mais qui renforcent garanties et droits collectifs.
Quelques semaines plus tôt, la grève de l’escale d’Air France à Roissy avait imposé la transformation de 180 CDD en CDI. Entre les deux, la grève appelée dans l’unité par les organisations syndicales dans l’enseignement exigeait le retrait du décret modifiant le dispositif d’évaluation, c’est-à-dire le maintien du statut national des enseignants.
Au nom de quoi les organisations ouvrières devraient-elles participer à la remise en cause des garanties collectives ? De la crise,de la dette,des déficits publics ? Les travailleurs ne sont pas dupes. En tête des 50 entreprises qui possèdent la dette publique française figurent des banques et des sociétés d’assurance bien prospères.Citons dans l’ordre :AXA, Allianz, MMA Finance,CM-CIC,BNP-Paribas,CNP Assurances, Amundi, Covéa, Matmut. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels », écrit Anatole France en 1914. Les travailleurs pourraient dire aujourd’hui : on nous demande de sacrifier nos emplois,nos garanties et notre Sécu sur l’autel de la dette et des déficits publics,mais c’est pour que prospèrent les profits des banquiers et des capitalistes. C’est de cela qu’il s’agit et de rien d’autre. Alors pourquoi faudrait-il accepter de mettre le doigt dans l’engrenage de l’union sacrée ?
Pour qui se revendique des intérêts ouvriers, la « bonne réponse », c’est l’interdiction des licenciements et des délocalisations, et la défense (et la reconquête) de la Sécurité sociale de 1945.Et,pour cela : refus de l’union sacrée, indépendance des organisations ouvrières, rupture avec la dictature de la dette et de la BCE !

Daniel Gluckstein Secrétaire national du POI

Cet article a été publié le 4 janvier 2012

Aucun commentaire: