vendredi 27 janvier 2012

Espoir et réalité ! l’édito d’informations ouvrières

Espoir et réalité !

bandeau poi

« La démocratie sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent... » Cette proclamation de François Hollande, lors de son meeting du Bourget, beaucoup de citoyens l’auront enregistrée avec l’espoir qu’elle réponde à autre chose qu’une belle phrase de campagne électorale. Si beaucoup d’indices indiquent qu’un véritable ras-le-bol se développe à l’endroit de l’actuel locataire de l’Elysée, l’interrogation majeure porte sur la continuation de la politique qu’il a instaurée. Les marchés financiers ont pris le pas sur le politique, imposant leurs lois. Nous ne sommes pas les seuls à dénoncer le danger que font peser les marchés sur la démocratie.

« Le seul modèle véritablement européen proposé à la discussion est celui qu’avancent les marchés financiers ! Il faut dire que l’Europe est intoxiquée par la financiarisation, ce dont témoigne l’omniprésence des hommes de la finance dans les lieux de pouvoirs. Aujourd’hui Goldman Sachs a supplanté l’ENA pour ce qui est des élites européennes (André Orléan, Le Monde, 22 janvier).

Autre appréciation, celle fournie par Emmanuel Todd (Le Point, 13 décembre 2011) : « Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise de pouvoir politique, à l’échelle mondiale, par les plus riches (...). Les riches ne se battent pas contre les Etats, ils se battent pour les contrôler encore mieux. Il suffit d’observer le parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements, pour comprendre qu’ils y parviennent. »

Même si nous ne partageons pas nécessairement toutes les positions de leurs auteurs, ces points de vue confortent l’orientation du POI de ne pas s’engager dans la campagne pour l’élection présidentielle. Cela ne signifie nullement que le parti sera réduit à garder le silence. Bien au contraire, a répondu le comité fédéral national réuni les 21 et 22 janvier, qui a décidé d’organiser, dans tout le pays, 300 assemblées-débats. Les aspirations de la population laborieuse peuvent-elles être satisfaites dans le cadre de la poursuite d’une politique de réduction des déficits, de remboursement de la dette, de destruction des emplois, des acquis sociaux et des conquêtes ouvrières, au premier rang desquels figure la Sécu ? Suffit-il d’une volonté proclamée pour changer de cap et dompter les puissances financières qui exercent leur hégémonique domination ? Pour le POI, « il s’agit d’œuvrer patiemment, par le libre débat, à jeter les bases de l’unité ouvrière, du front uni des travailleurs et de leurs organisations sur la base des authentiques revendications. Les uns et les autres peuvent avoir, concernant la prochaine élection présidentielle, des points de vue différents. Cela ne doit pas être un obstacle à la réalisation de l’unité dans le combat pour la défense et la reconquête de la démocratie. Le POI ne fait pas de l’acceptation de sa politique le préalable à tout accord. C’est pourquoi nous invitons largement travailleurs, militants et jeunes de toutes tendances à venir poursuivre ce débat dans ses assemblées-débats, à le poursuivre dans les colonnes d’Informations ouvrières, tribune libre de la lutte de classe, hebdomadaire du POI. »

Il y a un monde entre l’espoir et la réalité vécue par les salariés. Pour convaincre, ne manque-t-il pas d’abord un engagement ferme : la rupture avec les institutions qui imposent la continuité de la même politique réactionnaire, celles de la Ve République, de l’Union européenne, de la BCE, du FMI ?

Claude Jenet
Secrétaire national du POI

Cet article a été publié le 25 janvier 2012

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