jeudi 8 décembre 2011

“A marche forcée”L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°178

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°178

“A marche forcée”

«  A marche forcée » : l’expression est de Sarkozy, présentant ce 5 décembre le nouveau traité européen que Merkel et lui veulent boucler d’ici trois mois. Son contenu :mise sous tutelle des Etats européens automatiquement sanctionnés en cas de dépassement des déficits publics autorisés.
Engagement insuffisant pour les fonds spéculatifs : quelques heures après cette annonce, Standard and Poor’s menace de baisser la notation de la France et de cinq autres Etats européens.
Il n’empêche : Sarkozy et Merkel font ici un pas supplémentaire sur la voie de la violation de la souveraineté de tous les peuples. A marche forcée donc...Dans son discours du 1er décembre, Sarkozy déclare : «  Pour réduire nos déficits,nous devons éliminer nos mauvaises dépenses, celles qui sont inutiles », et précise : « Nous ne pouvons garder la même organisation de notre protection sociale que celle de l’après-guerre. » Au nom de la dette et de la réduction des déficits publics, ils voudraient tout à la fois piétiner la démocratie et la souveraineté nationale et populaire,et détruire toutes les conquêtes ouvrières arrachées depuis 1945.
Une nouvelle forme de totalitarisme se dessine, sous l’égide de la troïka FMI-UEBCE, c’est-à-dire des fonds de pension et des multinationales qui ne voient d’autre issue à leur crise que la destruction de la force de travail (salaire direct de l’ouvrier et sa protection sociale).
Certes, ce nouveau traité est loin d’être ratifié. La résistance de la classe ouvrière en Grèce, en Belgique, en Espagne, au Portugal, en Grande-Bretagne avec la grève générale du 30 novembre, a déjà fait voler en éclats les dispositifs annoncés en grande pompe lors des vingt-six sommets convoqués depuis deux ans pour « résoudre la crise de la dette ».Cependant, cette annonce traduit la volonté d’avancer dans la mise en place d’un ordre corporatiste et de l’union sacrée.Corporatiste, l’annonce par Sarkozy de la convocation d’un sommet social pour associer les organisations ouvrières aux plans anti-ouvriers sous couvert de lutte pour l’emploi.Union sacrée, son appel du pied à François Hollande pour qu’il s’engage sur l’adoption de la fameuse « règle d’or » qui inscrit l’interdiction du déficit budgétaire dans la Constitution.
Comment répondre à cette menace ?
Devant le congrès du SPD allemand, François Hollande a repoussé l’idée d’un nouveau traité, affirmant que «  l’Europe ne peut se réduire à une organisation de l’austérité ». Fort bien.Que propose-t-il ? «  Un pacte de responsabilité » dans lequel il s’engage à ramener «  les déficits en France » à 3 % du PIB en 2013, à 0 %en 2017. Sur sa lancée, il s’engage à mutualiser la dette européenne, c’est-à-dire à la rembourser.
De leurs côtés,quatre organisations syndicales appellent à une journée d’action contre des «  plans d’austérité inefficaces pour réduire la dette ».
La réponse ne peut pas être sur ce terrain- là.La seule réponse à la situation, c’est le front unique sans faille du mouvement ouvrier pour dire : « Nous rejetons tout traité à venir,mais aussi tout acte qui nous enchaînerait à la dette ! Capitalistes et gouvernements  : cette dette et cette crise sont celles de votre système, ce sont les vôtres, ce n’est pas aux peuples de payer ! Nous,organisations ouvrières, unies avec l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse,en France comme dans toute l’Europe, nous refuserons toute mesure d’austérité, d’où qu’elle vienne. Et c’est pourquoi, dès aujourd’hui, nous exigeons le retrait du plan Sarkozy-Fillon et de chacune de ses mesures d’austérité. »
Daniel Gluckstein
Secrétaire national du POI
Cet article a été publié le 7 décembre 2011

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