vendredi 23 décembre 2011

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°180

Nécessaire clarification

Le projet d’accord intergouvernemental, rédigé par des juristes, a été transmis vendredi 16 décembre aux différents gouvernements européens. (…) Le texte, appelé “accord international sur une union économique renforcée”, devrait entrer en vigueur à partir du moment où neuf Etats l’auront ratifié » (1).
Ainsi, le duo Merkel-Sarkozy serait parvenu à ses fins, imposant un accord fixant les règles d’une gouvernance économique de la zone euro.Or qui dit gouvernance au niveau européen,dit,obligatoirement,abandon d’une partie de la souveraineté de la nation. A commencer par celle des élus de la représentation nationale—les députés —dont le rôle essentiel réside dans le vote d’un budget conforme aux intérêts de la République. Désormais, par la « grâce » de ce nouvel instrument supranational, priorité absolue doit être donnée à la réduction des déficits. « La dictature de la dette » devient donc le leitmotiv de cette période pré-électorale où, chacun,de droite comme de « gauche », s’emploie à démontrer que la faute incombe au camp adverse, au prétexte « qu’il n’a pas été en mesure de maîtriser les dépenses ».
Depuis trente ans, gouvernements de gauche et de droite se sont succédé, créant un consensus politique scellé par l’acceptation des règles de la Constitution de la Ve République et de l’Union européenne. Le marché, la concurrence libre et non faussée ont pris le pas sur toute autre conception de la société, et l’économie échappe, désormais, au contrôle du politique. Une impuissance dramatique qui autorise l’Union européenne à recourir à des « solutions  » de plus en plus drastiques et coercitives, comme celles utilisées à l’endroit de la Grèce ou de l’Italie.
Alors que les profits s’accentuent, que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres et plus nombreux, les salariés, confrontés aux plans massifs de suppressions d’emplois, n’acceptent pas d’être considérés comme « les responsables » d’une dérive qui ne leur incombe pas.Redisons- le :non, les travailleurs n’ont pas creusé le déficit qu’on prétend leur faire payer. Cette dette, fabriquée de toutes pièces pour le plus grand profit des banques et des spéculateurs, n’est pas celle du peuple. Aussi devient-il urgent de clarifier les termes du débat. Certes, si l’on en croit les sondages,une portion importante de l’opinion rejette la politique conduite par Sarkozy et l’actuelle majorité.Cela signifie-t-il une adhésion aux très consensuelles options de l’opposition ? L’austérité, réputée mauvaise lorsqu’elle est imposée par la droite, serait-elle plus acceptable lorsqu’elle serait préconisée par la « gauche » ? Quid de l’emploi, de la précarité, des salaires, du travail des jeunes, du devenir de la protection sociale : Sécu, retraites ? Autant de questions qui préoccupent nos concitoyens(nes) et les millions de travailleurs qui subissent les conséquences d’une crise qui est celle du système capitaliste.
En démocratie, le peuple, seul, détient la souveraineté, et celle-ci s’exerce au niveau de la nation et non dans le cadre d’institutions supranationales, fabriquées pour les circonstances, et dont les peuples sont soigneusement tenus à l’écart. Comme elle a su le faire le 29mai 2005, la population laborieuse doit trouver les moyens d’exprimer son refus et se saisir de la question de l’annulation de la dette pour lancer le débat sur l’élection d’une Assemblée constituante souveraine.
Un engagement qui sera celui de tout le POI dès les premières semaines de 2012.

Claude Jenet Secrétaire national du POI

(1) AFP, 16 décembre 2011

Cet article a été publié le 21 décembre 2011

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